RENCONTRE
Dimanche 12 décembre - 15 H
L’extraordinaire voyage en Mongolie
de Guillaume de Rubrouck (1253-1255)
(éditions d’Asie centrale)
en présence de Sylvie Lasserre, Nathalie Pivain et Anne-Camille Souris (Association Goviin Khulan).
Entrée libre
Maison d’Europe et d’Orient - 3 passage Hennel - Paris 12eCommander le livre : ici en ligne. |
Contemporain de saint Louis, le frère franciscain Guillaume de Rubrouck réalisa l’exploit d’un voyage jusqu’au cœur mystérieux et redouté de l’empire de Gengis Khan, Karakorum.
Porteur d’un message du roi, de 1253 à 1255, il parcourut à pied et à cheval 16000 kilomètres de Constantinople à Karakorum, capitale de l’immense empire mongol, afin d’y rencontrer le Grand Khan Mangou, successeur de Gengis Khan.
Cet exploit, à lui seul, suffirait à expliquer la célébrité qui est la sienne mais c’est surtout le récit qu’il fit au roi de son voyage, véritable chef d’œuvre de la littérature du Moyen Age, qui en est la cause, remarquable autant par la qualité de l’écriture que la profondeur des sentiments qu’il nous donne à découvrir mais également d’un point de vue scientifique pour la qualité des observations et découvertes géographiques et ethnographiques qu’il contient.
Extrait
« Près de ce palais il y a plusieurs autres logis spacieux comme des granges, où l’on garde les vivres, les provisions et les trésors ; et parce qu’il n’eût pas été bienséant ni honnête de porter des vases pleins de lait ou d’autres boissons en ce palais, ce Guillaume lui avait fait un grand arbre d’argent au pied duquel étaient quatre lions aussi d’argent, ayant chacun un canal d’où sortait du lait de jument. Les quatre pipes étaient cachées dans l’arbre, montant jusqu’au sommet et de là s’écoulant en bas. Sur chacun de ces canaux il y avait des serpents dorés dont les queues venaient à environner le corps de l’arbre. De l’une de ces pipes coulait du vin, de l’autre du caracosmos ou lait de jument purifié, de la troisième du ball ou boisson faite de miel, et de la dernière de la cérasine faite de riz. Au pied de l’arbre chaque boisson avait son vase d’argent pour la recevoir. Entre ces quatre canaux tout au haut était un ange d’argent tenant une trompette, et au dessous de l’arbre il y avait un grand trou où un homme se pouvait cacher, avec un conduit assez large qui montait par le milieu de l’arbre jusqu’à l’ange. […]
Au dehors du palais il y a une grande chambre où ils mettent leurs boissons, avec des serviteurs tout prêts à les distribuer sitôt qu’ils entendent l’ange sonnant de la trompette. Les branches de l’arbre étaient d’argent, comme aussi les feuilles et les fruits qui en pendaient. Quand donc ils voulaient boire, le maître sommelier criait à l’ange qu’il sonnât de la trompette, et celui qui était caché dans l’arbre soufflait bien fort dans ce vaisseau ou conduit allant jusqu’à l’ange, qui portait aussitôt sa trompette à la bouche et sonnait hautement ; ce qu’entendant les serviteurs et officiers qui étaient dans la chambre du boire, ils faisaient en même instant couler la boisson de leurs tonneaux, qui était reçue dans ces vaisseaux d’argent, d’où le sommelier la tirait pour porter aux hommes et aux femmes qui étaient au festin. »
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